Cambodge : ces invisibles qui se battent pour une société meilleure

Voyage au coeur du Cambodge. © Carole Vann
27 mars 12 - Du Cambodge, on connaît les temples d’Angkor, les Khmers rouges, la corruption. Dans ce pays qui oscille entre chaos et reconstruction, multitude de petites gens posent les jalons pour un avenir plus souriant. Ils racontent ici leurs histoires, celles qui ne passent pas la porte des agences touristiques. Des parcours de vie qui révèlent la dureté du passé et du présent, mais aussi des brèches d’espoir.

Carole Vann/Infosud - Chaque jour de la semaine du 26 au 30 mars 2012, découvrez les reportages radio produits pour l’émission de la RTS, Un dromadaire sur l’épaule .

1/5 Chum Mey, l’un des deux derniers survivants de S21
Chum Mey,dans la salle où il était torturé à S21. © Carole Vann

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Depuis sa libération en 1979, Chum Mey revient chaque jour au centre de torture S21 de Tuol Sleng. Aux touristes étrangers comme aux Cambodgiens, il raconte inlassablement son histoire devant son ancienne cellule numéro 22.

De cette machine de mort, où ont été atrocement torturés puis exécutés durant le régime khmer rouge 17’000 femmes, hommes et enfants, Chum Mey faisait partie des 7 seuls rescapés. Aujourd’hui, ils ne sont plus que deux porteurs directs d’une mémoire qu’il s’acharne à transmettre "pour que cela ne se répète pas".

Invité

Rithy Panh, cinéaste franco-cambodgien. A 13 ans, il perd toute sa famille emportée en quelques semaines par la folie des Khmers rouges. En 1979 il rejoint le camp de Mairut en Thaïlande puis arrive en France en 1980. Il décide alors de se consacrer à un travail de mémoire à travers le cinéma.

On lui doit notamment en 2002 "S21 – la machine de mort khmère rouge", puis en 2011 "Dutch le Maître des forges de l’enfer", entretiens enregistrés en prison avec Kaing Guek Eav dit Duch, patron du centre S21. Ce film vient de recevoir le Grand Prix du Festival du Film et Forum international sur les Droits humains qui s’est tenu à Genève du 2 au 11 mars 2011.

Rithy Panh est aussi l’auteur avec Christophe Bataille de "L’Elimination", paru chez Grasset en 2011.

Rithy Panh nous parle de cette confrontation avec Duch, "qui n’est ni un homme banal ni un démon, mais un organisateur éduqué, un bourreau qui parle, oublie, ment, explique, travaille à sa légende".

2/5 Le tribunal des Khmers rouges se déplace dans les provinces
Une des projections itinérantes permettant aux habitants des provinces de comprendre les enjeux des procès des Khmers rouges. © Carole Vann

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En février 2009, le Tribunal mixte entre l’ONU et Phnom Penh, basé à Phnom Penh, a commencé de juger les responsables Khmers rouges. Afin de permettre aux habitants des provinces de comprendre les enjeux des procès, Sovannarom Dim, porte-parole du Tribunal, organise avec le cinéaste Rithy Panh, des projections itinérantes à travers tout le pays.

Nous avons accompagné une de ces virées à l’extrême nord-est du Cambodge. C’est chez ces minorités que les Khmers rouges avaient installé leurs premiers quartiers généraux.

Sur le même sujet :

- Un blog tenu par une journaliste sur le procès des Khmers rouge

- Bophana : centre d’archives et de mémoire – du nom de cette jeune prisonnière qui résista à la folie des Khmers rouges en écrivant des lettres d’amour à son mari et qui fut torturée et exécutée au centre S21

3/5 Quand des jeunes orphelins se réapproprient leur passé occulté
Marady (en vert) avec Ravi et Sophol, autres acteurs du théâtre du Soleil. © Carole Vann

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Lorsque les metteurs en scène ont demandé à Marady, jeune orpheline passionnée de théâtre, de jouer le roi Norodom Sihanouk, elle s’est glissée dans le rôle avec une aisance époustouflante. Si bien que le théâtre du Soleil de Ariane Mnouchkine l’a choisie pour incarner ce personnage haut en couleurs. Depuis, Marady vit jour et nuit au rythme de ce roi très populaire, mais déchu au profit des pro-Américains, puis des Khmers rouges.

Plongée à Battambang dans l’école Phare Ponleu où se forme Marady et nombre d’autres orphelins.

Invité

Georges Bigot, acteur de théâtre et de cinéma français. De 1981 à 1992, il travaille au Théâtre du Soleil où il joue notamment le personnage du roi Sihanouk dans "L’Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, Roi du Cambodge" (1985) d’Hélène Cixous où il obtient le Prix du meilleur comédien du Syndicat de la critique pour l’interprétation du rôle titre.

De 2007 à 2011, il met en scène avec Delphine Cottu une nouvelle version en langue khmère de cette pièce avec 25 acteurs et 4 musiciens de l’École des Arts Phare Ponleu Selpak, dont Marady. La première mondiale de ce spectacle a été donnée à Lyon en octobre 2011.

Georges Bigot nous parle de son choix de confier le rôle du roi Sihanouk à une femme, Marady. Il nous raconte également cette aventure théâtrale et humaine qui dure depuis 30 ans entre le Théâtre du Soleil, le Cambodge et lui.

4/5 Sophea, le bonze qui s’est découvert lépreux
Sophea assiste un autre lépreux. © Carole Vann

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Lorsque j’ai rencontré Sophea au centre des lépreux Kien Khleang, près de Phnom Penh, très vite je me suis trouvée comme hypnotisée. Il y avait en lui ce mélange de douceur extrême, de fragilité et de fermeté.

Il m’a raconté son enfance dans la barque de ses parents, pêcheurs misérables. Puis comment sa vie bascule, alors qu’il étudie dans une pagode, et qu’on lui annonce qu’il est lépreux. Sophea atterrit au centre pour y être soigné. Aujourd’hui, il y aide les lépreux à se rapproprier leur vie dans un monde duquel ils se sentent maudits.

Invité

Harald Schmid de Gruneck, chef de projet au CIOMAL, le Comité International de l’Ordre de Malte, un organisme qui finance et gère des centres de prévention, soins médicaux, réhabilitation sociale et formation du personnel soignant en Asie du sud-est et en Amérique du Sud, notamment au Cambodge, le centre Kien Khleang.

Harald Schmid de Gruneck nous explique pourquoi il existe encore des centaines de cas de lèpre au Cambodge, les discriminations dont les lépreux sont victimes, le travail que le CIOMAL accomplit pour détecter les cas de lèpres, soigner les personnes et tenter de les réhabiliter socialement.

5/5 Des ouvrières du textile chantent leur condition à travers le pays
La chanteuse Van (avec le tee shirt rouge) du Messenger Band, au milieu d’une grève des ouvrières textiles. © Carole Vann

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Avec sa belle voix grave, Van n’a eu aucune peine à rejoindre le petit groupe de chanteuses a capella du Messenger Band. Issues de familles paysannes très pauvres, toutes ces jeunes filles ont dû quitter les leurs pour trouver un emploi en ville. Exploitées comme ouvrières textiles, elles ont un jour décidé de lever la tête et chanter leur condition. Sur les mélodies de tubes à la mode, elles appellent le public à ne pas mépriser les ouvrières, ni les filles de bar, ni les pauvres chassés de leurs terres.

Voyage avec Van dans le monde des ouvrières textiles.

Cambodge : Retour sur le Kampuchéa démocratique

Les évènements dramatiques du Cambodge démocratique (1975-1979), désignent les quatre années durant lesquelles les dirigeants khmers rouges ont établi une dictature dans le pays qui les a menés au génocide de 1.7 millions de cambodgiens, soit un cinquième de sa population.

De la prise de Phnom Penh au procès de Duch (bourreau khmer rouge condamné à la prison à perpétuité en février 2012), Carole Vann, spécialiste du Cambodge, raconte la descente aux enfers puis la renaissance de son pays natal.

Entretien pour Histoire Vivante dans le cadre d’une semaine d’émissions consacrée au Cambodge (14 au 18 mai 2012).

Ecouter l’interview ici :

MP3 - 49 Mo
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