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Loading... Le Myanmar à nouveau épinglé par le Conseil
Mario Togni et Juan Gasparini - "Exécutions sommaires, torture, travail forcé, violences sexuelles, recrutement d’enfants soldats…" Les violations énumérées dans le document du rapporteur spécial sur les droits de l’homme au Myanmar (ex-Birmanie) ne datent pas d’hier. Au cours des six années de son mandat, Paulo Sérgio Pinheiro a déjà eu maintes occasions de les présenter devant les instances des Nations Unies. Aujourd’hui, son inquiétude principale vient avant tout de la rupture totale du dialogue avec la junte militaire au pouvoir, qui lui refuse l’entrée sur son territoire depuis novembre 2003. Cette dégradation des relations fait pourtant suite aux espoirs d’ouverture suscités par la présentation d’une "feuille de route pour la réconciliation nationale et la transition démocratique", estime le rapporteur. "Au cours des quatre premières années de mon mandat, j’ai pu rencontrer tous les prisonniers que je souhaitais et visiter plusieurs provinces. Puis la coopération a cessé. Le gouvernement a notamment exigé d’accompagner les visites de prisonniers du CICR, ce qui est totalement contraire à leur éthique." Entre temps, "l’exercice des libertés fondamentales a également fait l’objet de restrictions draconiennes, relève le rapport. L’assignation à domicile d’Aung Sang Suu Kyi (opposante au régime et Prix Nobel de la Paix, ndlr), qui a encore été prolongée d’une année en mai 2006, en est l’illustration". A la fin de l’année dernière, le rapporteur estimait à 1200 le nombre de prisonniers politiques au Myanmar. Et si les opposants et militants des droits de l’homme sont considérés comme des "criminels", les acteurs des violations constatées jouissent en revanche d’une totale "impunité", ajoute-t-il. Autre problème, les conflits armés qui font rage dans la partie Est du pays, où vivent différentes minorités ethniques, ont entraîné des "déplacements forcés massifs", rapporte M. Pinheiro. En 2006, les zones montagneuses, qui ne sont pas sous contrôle militaire, ont également été le théâtre d’une nouvelle poussée de violence, avec pour conséquence "la pire situation humanitaire qu’ait connue le pays depuis la campagne militaire de 1996-1997", poursuit-il. Pour l’expert indépendant, les priorités actuelles seraient de reprendre les visites de prisonniers et de pouvoir accéder aux régions en conflits. "L’amélioration du système judiciaire est également un gros nœud sur lequel il faut travailler dès maintenant, sans attendre une transition démocratique au Myanmar." Quoi qu’il en soit, pour envisager la reprise du dialogue avec le gouvernement birman, une meilleure coordination de la communauté internationale est nécessaire, relève encore M. Pinheiro : "La clé du problème se trouve dans les mains des pays de la région. Les Etats occidentaux qui veulent s’engager doivent s’imbriquer dans un partenariat avec l’Inde la Chine et la Thaïlande, avant tout. Mais je sais qu’après un demi-siècle de régime autoritaire, une certaine impatience se fait sentir." Selon nos informations, les Etats-Unis souhaiteraient la tenue d’une session spéciale du Conseil des droits de l’homme sur le Myanmar. Plus modestement, un de leurs représentants confirme que Washington aimerait que le Conseil "intervienne" dans ce pays. Interrogé sur ce point, M. Pinheiro se dit "favorable" à cette option "s’il s’agit réellement d’une séance pour lancer des initiatives et trouver une stratégie commune permettant d’aider le gouvernement et la société du Myanmar à aller vers la démocratie. Si la session spéciale a uniquement pour but de châtier le Myanmar, je ne pense pas que cela en vaille la peine." Voir en ligne: Le rapport sur le Myanmar
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