Manager, c’est pas inné (et c’est tant mieux)

On entend encore souvent que « certains sont faits pour manager » et que d’autres, non. Comme si le management relevait d’un tempérament naturel, d’un charisme particulier ou d’un talent réservé à quelques profils « nés leaders ». Pourtant, cette idée est non seulement fausse, mais aussi contre-productive dans la vie réelle des équipes. La réalité, c’est que manager s’apprend, au même titre qu’un métier technique ou qu’une expertise métier. Et c’est une excellente nouvelle : cela signifie qu’il existe des repères concrets, des méthodes éprouvées, des outils simples à appliquer et surtout une posture professionnelle qui se construit avec le temps. Autrement dit, on n’est pas « bon » ou « mauvais » manager : on progresse, à condition de connaître les fondamentaux et de s’entraîner.

Le mythe du “manager né”

Le mythe du « manager né » a la peau dure. Dans beaucoup d’organisations, on valorise encore l’image du manager naturellement à l’aise, capable de motiver, recadrer ou fédérer sans effort, presque instinctivement. On pense alors que certaines personnes « ont ça en elles » et que d’autres ne l’auront jamais. Pourtant, ce que l’on perçoit comme un talent inné est souvent le fruit d’une construction progressive : des années d’expérience, l’observation de bons managers, des erreurs qui ont servi d’apprentissage… ou tout simplement une formation structurante.

Cette croyance a un effet pervers : elle fige les managers débutants dans une forme de culpabilité. Lorsqu’ils rencontrent des difficultés (incompréhension avec l’équipe, manque d’autorité, tensions relationnelles, sensation de devoir tout porter), ils ont tendance à se dire qu’ils ne sont « pas faits pour ça ». Or, les difficultés font partie du processus normal d’apprentissage. Ce n’est pas un signe d’incompétence, mais un signal : il manque des repères.

Le bon management ne dépend pas d’un caractère « fort » ou d’un tempérament « naturellement empathique ». Il repose sur des compétences identifiables : poser un cadre, communiquer clairement, gérer les priorités, développer l’autonomie, traiter les tensions de manière professionnelle. Dès lors qu’on comprend que le management est une compétence et non un trait de personnalité, on se donne le droit d’apprendre — et de s’améliorer.

Les vrais fondamentaux du management

Manager, ce n’est pas seulement accompagner une équipe avec bienveillance. C’est avant tout structurer un cadre de travail qui sécurise, clarifie et donne de la direction. Et ce cadre n’a rien d’autoritaire : il permet à chacun de comprendre ce qui est attendu, comment réussir, et sur quoi s’appuyer. Parmi les fondamentaux incontournables, on retrouve la capacité à fixer des objectifs clairs, à rendre les priorités lisibles, à expliciter les règles du jeu (délais, niveau de qualité attendu, modes de fonctionnement), et à tenir une communication régulière.

Le feedback est aussi un pilier central : il ne s’agit pas seulement de « dire ce qui va » ou « ce qui ne va pas », mais de guider la progression. Un feedback utile est factuel, précis, orienté solution et donné au bon moment. À cela s’ajoute l’écoute, souvent confondue avec de la passivité. En réalité, écouter en tant que manager, c’est comprendre les signaux faibles, clarifier une situation, reformuler, détecter les freins et co-construire une solution.

Il faut aussi savoir gérer les situations plus sensibles : recadrer sans humilier, traiter une baisse de performance, poser une limite, rappeler une exigence. Ces moments font partie du métier, même s’ils sont inconfortables. Un manager solide n’est pas celui qui évite les tensions, mais celui qui sait les traiter avec calme, justesse et constance.

Un autre point clé, souvent sous-estimé, est la capacité à adapter son style de management au niveau d’autonomie de chaque collaborateur. On ne manage pas de la même façon une personne novice, une personne compétente mais encore hésitante, ou une personne pleinement autonome. Un manager efficace sait quand être plus directif (pour guider et sécuriser), quand adopter une posture participative (pour faire grandir et impliquer), et quand déléguer pleinement (pour responsabiliser et libérer de l’espace).

Ces fondamentaux ne s’inventent pas : ils s’apprennent, se pratiquent et se consolident, notamment grâce à des mises en situation concrètes. C’est justement l’objectif d’une formation aux fondamentaux du management à Paris : donner aux managers les clés concrètes pour adapter leur posture avec justesse.

Témoignage : “Je croyais être nulle en management…”

« Quand j’ai été promue manager, j’étais fière… puis très vite, j’ai commencé à douter. J’avais l’impression de ne pas être légitime. Je me retrouvais à éviter les sujets délicats, à prendre sur moi pour garder une bonne ambiance, et à faire à la place des autres pour que tout avance. Petit à petit, je rentrais chez moi épuisée, avec la sensation de ne jamais en faire assez. Mon équipe me trouvait sympathique, mais pas forcément claire. Et moi, je me sentais dépassée. »

Cette manager (appelons-la Claire) avait été choisie pour ses compétences techniques et son engagement. Mais personne ne lui avait appris à manager. Comme beaucoup, elle pensait que le management devait être « naturel », intuitif, et qu’un bon manager devait savoir gérer les situations « sans mode d’emploi ». Alors, face à ses difficultés, elle a conclu qu’elle n’était pas faite pour ce rôle.

C’est en suivant une formation qu’elle a compris le vrai problème : elle manquait de repères et de méthode. Elle a appris à structurer ses échanges, à mener des points individuels utiles, à clarifier les responsabilités, à déléguer sans culpabilité, et à ne pas confondre exigence et rigidité. Elle a aussi réalisé qu’elle pouvait adapter sa posture selon les profils de son équipe, plutôt que de chercher un style unique qui ne convenait à personne.

Résultat : elle s’est sentie plus alignée, plus confiante, et surtout plus efficace. Les tensions se sont réduites, la communication est devenue plus fluide, et l’équipe a gagné en autonomie. Elle n’a pas « changé de personnalité » : elle a appris un métier.

Conclusion

Le management n’est pas un don réservé à une minorité : c’est un métier à part entière, avec ses exigences, ses outils et sa logique d’apprentissage. Savoir poser un cadre, écouter, déléguer, recadrer, ajuster sa posture… tout cela se construit, étape par étape, avec de la pratique et des retours. C’est même ce qui fait la différence entre un management subi, stressant et incertain, et un management maîtrisé, structuré et durable.

Investir dans une montée en compétence sur les fondamentaux, c’est gagner en impact au quotidien, renforcer la cohésion de l’équipe et améliorer la performance, sans sacrifier l’humain. Pour l’entreprise, c’est aussi un levier concret d’engagement et de fidélisation. Pour le manager, c’est une façon de retrouver de la clarté, du confort et une posture plus juste. Apprendre à manager, au fond, c’est donner à son équipe — et à soi-même — les meilleures conditions pour réussir.